Powered by Cabanova

Mont-le-Vignoble
L'église de ...... Saint-Elophe

...........................................................
Uruffe (vue aérienne)
Harmonville vers 1900
Vaudémont, démentelé en 1635 et 1671
........................................... Le village . ... . . Des structures complexes . Le . système qui .. prévaut dans les campagnes . lorraines, . Au XVII e . siè- cle, est encore . fortement . marqué par la .. période féodale. . Tout habitant du village .. dépend . d’un seigneur, dont le domaine (ou seigneurie ) ne correspond . pas . forcément .. aux limites d’une . localité ou d'une parois- se. Près d’un village sur deux dépend de . . plusieurs seigneurs (Ba- gneux, Saulxures-lès-Vannes, Bulligny...) Le . seigneur de la . Renaissance . . n'est .. plus, comme au Moyen âge, le seul possesseur . . de la terre, mais . . il dispose . d’une réserve foncière (le gagnage) .. et exerce certains droits sur les sols et les hommes de sa ju- ridiction, . ou ban . . Le gagnage seigneurial n’est .. pas . très étendu mais il . comprend des terres de bonne qualité, .. que .. le seigneur . . fait . mettre en . valeur par . sa propre main-d’œuvre et par les corvées imposées aux habitants. .. Les droits . seigneuriaux .. sont . d’autant mieux respectés sur le ban que le seigneur . y exerce en personne, ou par l’intermédiaire de . ses offi- ciers, . la . justice et la police. . Le premier officier seigneurial . est le maire (mayeur), lui-même assisté . . par .. le sergent et les .. bangards .. (gardes champêtres). . Il y a autant de maire que de seigneur dans la .. localité, .. à l’exemple de Germiny avec ses .. trois . mayeurs. . Il peut y avoir aussi, comme à Barisey-au Plain . et . Barisey-la-Planche, .. un seul .. maire pour deux villages. Chaque maire, souvent un riche laboureur nommé par le seigneur, . perçoit la taille, commande les .. corvées, poursuit les mal- faiteurs et . juge les délits mineurs. .. En retour le mayeur ne paie pas la taille, .. il participe aux . revenus des droits . seigneuriaux et gère, souvent à son avantage, les biens communautaires (pâquis, vaine pâture). .. D’un village à . l’autre, le type de relations entre seigneur et paysans n’est pas forcément identique. .. La différence est . grande . entre la pré- sence effective du maître, connu de tous, . et des autorités lointaines et parfois . concurrentes, à l’exemple du village d’Uruffe. .. En dépit . des inégalités institutionnelles, . il existe pourtant, entre .. les . villageois et . leur proche . seigneur, une sorte de complicité faite, au cours des âges, d’épreuves et de luttes communes... ..... La Paroisse . La . paroisse rurale ne correspond pas forcément aux limites du . village. Elle .. est desservie par un prêtre résident . (titulaire de . la . cure . ou . vicaire perpétuel), ou par celui d'une paroisse voisine. . En moyenne, . chaque curé se trouve .. ainsi à la .. tête de deux communautés paroissiales. . Le clerc rural exerce son ministère sacerdotal . en pays connu, . le plus sou- vent à moins de . vingt kilomètres de son lieu d'origine. La . formation spirituelle . et .. intellectuelle des .. prêtres . s’est améliorée depuis .. l’ouverture de l’université de Pont-à-Mousson, .. en . 1572, et la création .. du séminaire de Toul, en 1637. . Aussi n'est-il . pas rare de ren- contrer des .. curés de campagne diplômés de .. l’université, .. tel .. Claude Pry, licenciè en droit, (curé d’Allamps . et .. de . . Barisey-la-Côte, mort en 1715) . ; ou Jacques Vivin, docteur .. en théologie et curé de Crépey en 1717. Pour subvenir à .. ses .. besoins, le curé doit choisir entre les biens atta- chés au bénéfice curial . (le fixe) et . la portion congrue, . . sous . forme de pension . versée par le bénéficiaire de l'impôt ecclésiastique ( la dîme ). ..... La dîme .. Pour . les . villageois, Dieu, les saints, .. leur église et leur curé (desser- vant) sont . une chose, . la dîme en est . une autre. Cet impôt qui s’appli- que à tous les . possesseurs de terres (nobles, clercs et roturiers) doit, en principe, . permettre à l’Église d’assurer la . subsistance des ministres du culte, l’entretien des bâtiments ecclésiastiques, l’assistance des pauvres et, en partie, l’enseignement. .. La dîme .. se paie . en nature par prélèvement d’une fraction variable (en théorie la . dixième partie) des récoltes et du produit de l’élevage. Suivant l’usage des .. paroisses, on appelle grosse dîme . celle des céré- ales (blé, orge, seigle, avoine). . Les . menues . . dîmes . incluent les légu- mes (pois, fèves, lentilles), le lin, le . chènevis, la laine et le croît des animaux. Dans .. la . majorité des cas les dîmes s’élèvent au onzième de la récolte, parfois moins (le quatorzième à Goviller). . La . dîme des raisins est per- çue selon des taux . . plus faibles . : le vingtième pour le chapitre cathé- drale de Toul. .. Cet impôt . d’Église, perçu .. principalement par les communautés reli- gieuses .. et le . haut clergé, profite aussi . parfois à des laïques (dîmes in- féodées). .. Le cas de Punerot où . un quart des grosses dîmes revient à des gentilshommes (M. de Bourlémont, entre autres,) n’a rien . d’ex- ceptionnel. Le . décimable (contribuable) ne . . remet pas directement ses produits au bénéficiaire de la dîme (ou décimateur). Le plus souvent . celui-ci se satisfait d’une rente . . versée par un preneur à bail (l’admodiateur) au- quel il . laisse le fruit de .. la .. collecte. L'admodiateur est un laboureur nanti . . du lieu, un marchand de la ville ou, parfois, le curé de la parois- se comme à Colombey (1601 . - . 1609) et à Crépey (1615 . - . 1618). ..... Décimateur et maldîmants . Au . temps .. des moissons, . les pauliers (des hommes rétribués par le dé- cimateur ou l’admodiateur) vont, en principe, . prélever la dîme sur place avant l’enlèvement . . des . récoltes. .. Mais la tâche des pauliers est souvent compliquée par les . aléas . climatiques et, il faut le .. dire, la mauvaise volonté des décimables. Le paysan se rend bien compte que, . loin de subvenir aux besoins du clerc local . et de la . paroisse, . le produit décimal s’évade du village sans réelle compensation. . . Certains, prétextant .. l’éventuelle survenue de la pluie ou d’un orage, enlèvent leurs gerbes . sans attendre le paulier. D’autres n’hésitent pas à rentrer, . à dos d’homme, une partie de leur récolte au cours de la nuit. Voyant . . cela, .. le .. décimateur incite les pauliers et les . officiers locaux à la vigilance . : on .. dénombre . les tréseaux dans les champs, où il est in- terdit d’aller la nuit tombée. Les "maldîmants . " (fraudeurs de la dîme) font . l’objet d’amendes et de procès... . Rien n’y fait et le duc lui-même, alerté par . le clergé lorrain, intervient régulièrement sans plus de suc- cès, semble-t-il. La . dîme . sera . l’une . des . principales . causes de la révolution de . 1789 . ! .. Hormis ces questions . essentiellement matérielles (temporelles), le cu- ré (ou le clerc desservant) . occupe une place importante au sein des villages lorrains du XVII e siècle et, dans . une moindre mesure, des siècles suivants, jusqu'aux années 1950/60 et parfois plus. Le . "prêtre . paysan", . l’église paroissiale, les sonneries . de cloches font partie intégrante .. d’une vie rurale marquée par les usages communau- taires, . une .. stricte discipline de travail et une pratique . religieuse tradi- tionnelle forte. ..... L’assemblée des Habitants . Tout . prédispose . le paysan .. lorrain à ressentir une forte appartenance communautaire . : la cohabitation au sein . d’un village groupé, le senti- ment commun de .. dépendre du même seigneur, des conditions de vie et de travail souvent identiques, la pratique d’un même culte... Entre seigneur et paroisse, . la . communauté des .. habitants (avec ses maigres bien communaux) joue .. un . rôle important au village. Même s'il n’existe pas partout . de syndic élu . pour . représenter les habitants, ceci n’empêche pas la communauté de se réunir . pour prendre des dé- cisions la concernant. Il peut .. s’agir d’un différend . l’opposant à l’un de ses membres, à un tiers, ou à une communauté voisine. .. Les litiges entre communautés .. donnent parfois . lieu à d’interminables procès, . comme celui opposant Punerot à Mont-l’Etroit, . au sujet du partage d’un arbre situé en .. limites de terroirs. La .. procédure, engagée en 1567, . ne devait trouver de solution . définitive que deux siècles plus tard, en 1774, devant la maîtrise de Metz. Le . seigneur .. ne s’oppose pas à la tenue de ces assemblées mais il s’at- tache à en conserver le contrôle, par les règles de convocation qu’il impose et par la présence de son officier . : le maire. .. Mis . à part la rétribution du .. maître d’école, des bergers et du forestier, les charges . qui . . pèsent sur l’ensemble des habitants, varient en fonc- tion des événements. . Lorsque . les . gens de guerre passent par le pays, la communauté leur fournit .. logement .. et nourriture, ou leur verse une contribution en argent pour qu’ils s’en aillent. . Il . faut aussi payer les intérêts des sommes empruntées, les frais des procès engagés et, . en période d’épidémie ou de .. disette, subvenir aux besoins des malades et des pauvres... A . ces dépenses contingentes, souvent vitales, correspondent . des reve- nus presque . toujours insuffisants. . Quelques contributions prélevées sur les habitants . et . partagées avec le Pouvoir ("droit d’entrée de vil- lage", payé à leur arrivée par . les nouveaux habitants, amendes per- çues pour mésus...) On imagine . aisément .. de quels pauvres moyens pouvait disposer cette institution . confrontée, au sein du . . cadre seigneurial, à la rigueur des temps et aux exigences de ses créanciers . ! ..... Les communaux .. La . communauté . d’habitants jouit de quelques biens dont elle doit pré- voir et assurer .. l’exploitation . dans le calme. Ce sont, le plus souvent, des terres .. médiocres . ou . inondables . (pâquis, friches) . situés aux extrê- mes du finage qui forment, . avec . les forêts, .. la zone d’élection des communaux . De pauvres lieux en . vérité mais pourtant si précieux pour celui qui n’a d’autre richesse qu’une vache ou . une . chèvre. Là, le troupeau .. de la communauté trouve la maigre et indispensable nourri- ture, . avant .. que la moisson et les regains ne libèrent un nouvel espace à la vaine pâture. .. Simple élément d’appoint, ou moyen de survie . pour les plus pauvres, les "communaux" . ont .. traversé les siècles jusqu’à nos jours (ou pres- que) . en dépit des spoliations, . des crises et des changements . de régime qui auraient dû, maintes fois, provoquer leur disparition. Bien avant la guerre de Trente ans, les communautés . appauvries étaient . déjà .. contraintes . d’engager . ou de vendre leurs modestes biens, au reste convoités par les . . laboureurs (qui . parfois déplacent les bor- nes), ou par le seigneur lui même. En 1722, après .. la . . repopulation des villages dévastés, . le duc Léopold libère les . communautés rurales du tiers . des . dettes et intérêts cumulés, . qu’elles traînaient depuis plus d’un siècle. .. Les assemblées d’habitants tentent alors, sous .. la . pression des journaliers, .. de racheter une partie des communaux aliénés, . et s’endet- tent de nouveau... Un . demi-siècle plus tard, le . partage de ces mêmes biens communau- taires est autorisé en . Lorraine . devenue . française. . . Une mesure que dé- noncent .. les cahiers de doléances de . 1789, . comme l’une des causes de l’appauvrissement des campagnes. .. Sous . la . Révolution, la vente des biens d’Église (temporels et bou- vrots) profite . à de riches .. laboureurs, .. aux . commerçants (de la ville) qui achètent .. à bon compte tandis que, comme à Punerot, . les commu- naux sont partagés entre les habitants. Mais les pâquis en ont vu d’autres . ! .. La polémique concernant l’existence et l’usage des biens communaux va . se poursuivre, malgré les bouleversements de tous or- dres, jusqu’après la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui . le . . pâquis a presque . partout disparu, mais l’ affouage .. (droit au bois de chauf- fage) subsiste encore dans de nombreux villages. ..... Les gens établis . En .. période de prospérité comme en temps de crise, les écarts entre ri- ches et pauvres demenrent importants, . au sein des communautés d'ha- bitants. . Parfois cette disparité s'aggrave encore, lorsque . les pénuries alimentaires et le " cher temps " déstabilisent .. les . plus . modestes, les contraignant à s'endéter ou à céder .. leurs pauvres biens aux plus ri- ches. Dans . chaque village le mayeur . appartient au .. groupe dominant, en compagnie de . quelques laboureurs ou . vignerons aisés et du notaire (tabellion). Ne fallait-il pas . au seigneur un homme bien établi, . en qui il puisse placer sa confiance . ? Le . tabellion, . dans les villages . . où il y en a un, occupe également une place enviable. Par .. lui, passent les .. actes concernant la propriété, le fermage, . les prêts, . les traités de mariages, testaments, partages de suc- cession, contrats d’apprentissage... . En général, . le . tabellion est .. un homme riche et considéré, . détenteur à la fois de la terre, de l’argent et d’un certain savoir. .. Au . dessous du petit groupe . . local des notables, . apparaît celui formé par l’importante . . classe moyenne des . laboureurs (cultivateurs), .. dont l'exploitation agricole dépasse rarement les dix héctares. .. Le plus sou- vent le cultivateur (comme le vigneron) est à la fois fermier et .. propri- étaire, . unissant dans une même exploitation ses biens propres et ceux d’autrui. Au . village les . petits . . métiers ruraux (maréchal, cordonnier, charpen- tier, rouyer, tisserand, huilier, maçon, salpêtrier...) .. occupent quelques chefs de famille. .. Sauf dans les bourgs importants, il n’est nul besoin de . boulanger . puisque chacun . cuit son pain au four banal. . Après l’abo- lition des banalités, en 1789, .. les fours individuels cuiront pain, qui- ches et fruits (quetsches sèches) jusqu’à la première, voire même à la Seconde Guerre mondiale. Aucun artisan ne .. vit de son seul métier mais . tous possèdent (ou lou- ent) quelques pièces de . terre et, hormis .. l’hiver, s’activent dans les champs avec .. les . autres villageois. Certains d’entre eux possèdent un cheval, plus souvent une ou deux vaches .. mais, mis à part chez les charpentiers et les . rouyers (charrons), les artisans accèdent rarement au monde de l’aisance. ...... Les pauvres . Après . les laboureurs et les artisans, . viennent .. les manouvriers (ma- noeuvres) dont le groupe campe, le plus . souvent, aux portes de la pauvreté. A défaut de train de . culture, le manouvrier ne peut compter . que sur ses bras, et . accessoirement .. ceux de sa femme et de ses enfants, pour cultiver ses quelques parcelles. Il dispose, .. la .. plupart du temps, d’une maison à un rain (travée), sans . . grange . ni écurie, mais avec un grenier où il entrepose ses grains. Derrière, se trouve . . un petit jardin avec quelques arbres . fruitiers. Même . quand .. il peu joindre ses . propres biens fonciers (parfois un de- mi-hectare) .. à une part .. de communaux (pâquis) .. ou . une pièce prise à bail, le manouvrier n’est . jamais en mesure .. d’assurer sa subsistance et celle des siens sans aide extérieure. . Le . plus souvent . il travaille chez les autres avec, pour la moisson ou les . vendanges, la participation de sa femme et de ses enfants. Il est aussi employé au . battage .. des .. céré- ales qui se poursuit tout l’hiver, jusqu’en carême. . Par . ailleurs, . les titu- laires des petits offices seigneuriaux et .. communaux, (sergent, ban- gard, pâtre), . sont . généralement choisis parmi les manouvriers et les artisans. Le . groupe des manouvriers qui . . jusque là était moins important que celui . des . laboureurs, grossit subitement . après la guerre de Trente ans. Comme les . besoins en main-d'oeuvre locale ne sont pas illimités, nombre de journaliers doivent . chercher du travail hors du village, sur les chantiers .. et dans les . villes. Puis vont suivre à leur tour les fils des cultivateurs, dont les exploitations gagnent peu à peu en superficie ce qu’elle perdent en nombre. L'exode rural a commencé . ! ... D'une relative aisance à la pauvreté et de la pauvreté à la mendicité, . le chemin est .. plus court qu'il n'y parait. Que . survienne une crise, . la ma- ladie .. ou de mauvaises récoltes et le laboureur, petit propriétaire, s’en- dette et devient fermier ou manouvrier. L’artisan vend ses outils et re- joint, . au moins pour un temps, le groupe des pauvres, quand ce n’est pas celui des miséreux. Chaque . village à ses pauvres, . connus de tous, . que l’on ne confond pas avec les « . vacabondz . » .. qui . errent de bourgs en . hameaux. Des ordon- nances .. de .. Charles . III . rappellent en 1573 et 1582, que chaque ville ou village doit nourrir ses pauvres. Les mendiants sont . particulièrement . nombreux dans les villes, où . leur présence . indispose . les citins (citadins) et provoque la réaction des au- torités. En 1626, Charles . IV interdit la . mendicité des « . belistres . (hom- mes de rien) .. fainéants, robustes, qui, par leurs injustes quêtes déro- bent le fruit de la charité publique à ceux qui en sont dignes . ». ...

- Présentation
- Les Leuques
- La Lorraine ducale
- L'enfance
- L'âge adulte
- Le village
- L'agriculture
- La maison
- La sorcellerie
- Les " fiauves "
- Carte (Lorraine)
- Vallée de l'Aroffe
- Sources et info
- Bibliographie
Banner COM