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Premières moissonneuses Mc Cormick (Crystal Palace de Londres 1851)
..... Le .. rebattage .. de la faux, .. vers 1950.
.... Rien n'a changé depuis le XV°siècle (voir Présentation)
Mariage à Punerot, vers 1900 (la mariée est en noir)

............. .. L 'agriculture (le grain et la vigne) ... ... .... « . Depuis des siècles, sur cette terre, rien ne bouge et ses cultures .. ... ........ immuables commandent des mœurs auxquelles nul ne se dérobe . » ................................................... Maurice Barrès (Les amitiés françaises) . .. A l’époque de la guerre de Trente . . ans (et pour près de trois siècles enco- re) . . l’économie .. rurale . dépend presque exclusivement du produit de la ter- re et de l’élevage. . Ceci explique pourquoi, . au fil des siècles, . les règles na- turelles et traditionnelles de l’agriculture régionale ont engendré un mode de .. vie et des mœurs qui s’imposent à tous les membres de la communau- té villageoise. ..... L’assolement triennal . Le grain .. et le raisin constituent, à cette époque, les deux piliers de l’agri- culture sud-touloise. .. La vigne couvre les versants bien exposés des côtes de Meuse comme Bulligny, Barisey-la-Côte, Mont-le-Vignoble, ou . . Saul- xures-lès-Vannes. .. Des villages de plaine tels que Colombey, Allain, Cré- pey, .. Favières produisent également du vin, mais en moindre quantité. De fait, la vigne est présente partout (pour le vin de messe) même si sa cultu- re reste marginale à Vannes, Harmonville, ou Bagneux. .. A l’exemple du Xaintois (comté de Vaudémont) tout proche, les terres marneuses de .. Bagneux, Barisey-au-Plain, Autreville, Punerot supportent une . culture . céréalière . de . première importance. . Sur ces territoires à champs ouverts (openfield), le finage (terroir) n’est encombré par aucun obstacle (clôture, mur) susceptible d’empêcher le libre parcours des . troupeaux ( vaine pâture ) sur les terres débarrassées .. des cultures et laissées en ja- chère. Depuis . le haut Moyen-âge, la terre est cultivée en alternance sur trois ans au lieu de deux comme précédemment. Selon les règles de l’assolement triennal, la terre supporte deux années consécutives de culture céréalière, suivies d’une année de repos. . Le finage est, à cet effet, divisé en trois par- ties égales appelées . soles ou saisons . Chaque saison est alternativement destinée . au froment en premier lieu (le mot blé, ou bled, désignait jusque là les . céréales courantes), à l’orge et l’avoine l’année suivante, et à la ja- chère ou .. versaine la troisième année. Seuls les jardins (meix), prés, chè- nevières et naturellement vignes et bois, échappent à l’assolement. Ce . système .. a l’avantage de réserver chaque année un tiers des terres ara- bles (la saison des versaines) à la libre pâture du troupeau commun. Par contre, . il oblige chaque exploitant à disposer de terres dans les trois soles, rendant aléatoire sinon impossible les regroupements de parcelles. .. La culture . céréalière .. est dominée par le blé et l’avoine qui constituent la base de .. la nourriture des hommes et des bêtes. L’avoine va aux chevaux, aux porcs, .. aux animaux de basse-cour, et .. sert aussi à confectionner du pain . en . cas de disette. . L’orge . cultivée en faible quantité nourrit les poules, les porcs et entre . dans la composition du pain mixte « . moitiè bled et or- ge . ». ........ De carême à la saint Remy . D’une .. année . sur l’autre, . le village tout entier vit au rythme immuable des tâches saisonnières. .................................................................. Mars : Les . derniers battages terminés, . l’affouage (bois de chauffage) . coupé et fa- çonné au cours . . des mois d’hiver, le paysan retrouve sa charrue pour les « . labours de caresme . ». La terre qui a supporté le froment moissonné en août, reçoit l’avoine, l’orge et parfois des grains mêlé (le trémois) desti- nés à être récoltés en herbe. Le moment est aussi venu de taller les blés (semés avant l’hiver) .. à l’aide du rouleau tiré par un cheval, ou d’une her- se renversée et chargée de pierres. .............................................. Avril : . C’est la période du sarclage auquel participent les .. femmes et les plus grands des enfants. . Il faut couper une à une, à l’aide d’une étroite lame fi- xée .. au bout d’un long manche, .. les mauvaises herbes qui gênent la crois- sance du blé. L’opération doit souvent être renouvelée en mai. .............................................. Mai : . Le travail de la charrue recommence "pour remuer" la jachère dans la sai- son des versaines. Il .. s’agit d’un labour profond pour détruire les mauvai- ses herbes .. (au détriment de la vaine pâture) et aérer le sol qui recevra les graines de froment, quatre mois plus tard. .............................................. Fin juin : . On récolte le . trémois .. pour alimenter un bétail manquant de pacage. Car les friches communautaires, les bordures de chemin et la versaine, . . labou- rée en mai, ne .. peuvent suffire à la pâture du troupeau. Dans les prés, peu nombreux, commence aussi la .. fenaison. Tôt le matin, les hommes fau- chent, à la faux, andin après andin. Plus tard, les femmes viendront fan- ner avec fourches et râteaux en bois. .. Si le temps s’y prête l’herbe, séchée en deux ou trois jours, est abritée au grenier. .. Mais que survienne la pluie et l’affaire se .. complique. L’herbe fraîchement coupée pourrit et le foin, rassemblé sous différentes formes (tas, rouleaux, cabrotes) devra être dis- persé pour un ultime séchage. .............................................. Juillet / août : . ................................................ Le temps des moissons La . récolte de l’orge, courant juillet, précède quelque .. peu la véritable moisson, celle .. du froment et de l’avoine, dont le ban . est publié au prône de l’église paroissiale. (Ce ban, ou l’autorisation .. seigneuriale de com- mencer la moisson, . . ou les .. vendanges, avait pour but de protéger les ré- coltes et la propriété, mais aussi de permettre le contrôle fiscal des pro- ductions.) Le jour dit, et jusqu’au "ban rompu", .. hommes, .. femmes et les plus âgés des .. enfants s’activent dans la saison des blés, puis dans celle des avoines. C’est la période du plein emploi pour les manouvriers, d’autant plus que chaque conduit (foyer) doit fournir, pour la récolte du gagnage seigneu- rial, un moissonneur muni d’une faucille. On envoie souvent à . la corvée des personnes chétives ou âgées, que les officiers seigneuriaux doivent accepter du moment où .. « . le pied peult por- ter la jambe . ». .. Les hommes « . scillent . » les tiges à une certaine hauteur, avec la faucille. D’autres avec les femmes et les enfants, toujours courbés, « . enjavellent . » le blé, c’est à dire le couche sur le sol par poignées . « . javelles . » espacées, afin . qu’il sèche et finisse de mûrir. . Les javelles sont ensuite liées (à l’aide de . . liens de paille) en gerbes que l’on dispose en « . trézeau . », la treizième gerbe coiffant et protégeant les autres. . . La moisson dure ainsi plusieurs se maines, durant lesquelles chacun prie le Ciel d’écarter la pluie qui fait germer ou moisir les graines. Le glanage, attendu par les plus .. pauvres, est strictement réglementé. Il n'est .. autorisé à Vézelise, par exemple, que « . le quatrième jour d’après le ban rompu . ». .. La moisson rentrée, le travail continue. . Il faut battre de suite. D’abord pour manger après, parfois, des .. mois de privations. Ne faut-il pas égale- ment préparer les semailles de la fin septembre . ? On va . jusqu’à battre le soir à la chandelle. Mais le battage au fléau, .. puis le passage au van et au crible durent .. longtemps, souvent jusqu’aux mois d’hiver pour les grains « . de garde . ». Les rendements céréaliers de l’époque .. ne souffrent pas la comparaison avec ceux d’aujourd’hui, qui leur . sont de six à sept fois supérieurs. Au XIX e .. siècle . . encore .. il arrivait, qu' en mauvaise année, .. la récolte ne per- mette pas de récupérer la semence... .............................................. Septembre / octobre : . Il . est .. temps, à la saint Remy (1 er octobre), de semer le froment. La char- rue .. repasse sur le sol laissé en jachère .. depuis une année et, entre deux hersages, les .. graines sont réparties à la volée selon le geste venu du fond des âges. Un nouveau cycle saisonnier commence. .................................... Le laboureur et sa charrue . ..... La charrue, . apparue en Europe aux alentours de l’an mil, .. dérive de ..... l’araire, premier . instrument .. de labour à traction animale déjà connu en ..... Mésopotamie 3 . 500 ans avant Jésus Christ. ..... A la différence .. de l’araire . qui .. rejette la terre de part et d’autre du sillon ..... creusé par son soc . triangulaire, .. la charrue, elle, retourne le sol. D’abord ..... fendue .. par le coutre . (sorte de couteau placé .. à .. l’avant de la charrue), la ..... terre est soulevée par le soc puis retournée par le versoir. ..... On ne connaît pas exactement les caractéristiques de tous les instruments ..... utilisés par les laboureurs au fil des siècles, mais il semble que l’araire en ..... bois, largement répandue dans .. le . Sud de la France, ait subsisté en Lor- ..... raine jusqu’à la .. guerre de Trente ans et peut-être au delà. .. Ceci, malgré ..... une .. large prépondérance de la charrue .. qui, avec son avant-train à roues ..... ferrées, son soc (parfois de bois recouvert de métal), son coutre de . 24 li- ..... vres .. (près de 12 kg) . selon un document de 1602, .. convient mieux aux ter- ..... res fortes de cette région. ..... Il existe, selon les époques, . une variété .. infinie de charrues fabriquées ..... par les artisans locaux mais .. aucun . . d’entre eux ne connut la notoriété de ..... Mathieu de Dombasle (Nancy 1777 . - 1843), le père des charrues et arai- ..... res du même nom. ...... Jardins et chènevières . Les . jardins et chènevières, . situés aux abords immédiats du village, jouent eux aussi . un rôle non négligeable dans .. l’économie locale. Derrière la maison se .. trouve le jardin, où pousse les principaux légumes consommés à l’époque . : pois, fèves blanches, lentilles, oignons, ailles, choux, raves... On . ne connaîtra .. vraiment la pomme de terre qu'à la fin du XVIII e siècle. [Importée d’Amérique du Sud par les Espagnols au XVI e siècle, la pom- me . de . terre avait fait son apparition en Lorraine au cours de la guerre de Trente ans. Toutefois l'amertume .. originelle .. de ce tubercule et surtout la méfiance qu’il inspirait, l'avait empêché .. de s’imposer durant plus d'un siècle.] .. Les .. arbres fruitiers, interdits sur le finage (sauf dans les vignes) occupent le fond .. du jardin ou son prolongement. Il s’agit, par ordre d’importance, de cerisiers, pommiers, poiriers, .. pruniers (surtout des damas), noyers et abricotiers. [La mirabelle qui aurait été . . rapportée de croisade au XV e siècle, par René .. 1 er . duc d'Anjou et de Lorraine, s'inscrit peu à peu dans la tradition régionale, après 1880.] Hormis . la consommation courante, pommes et poires servent à la produc- tion .. de cidre et de poiré. . L’arbre fruitier qui est parfois partagé entre plu- sieurs propriétaires, . fait l’objet d’une attention toute particulière, notam- ment contre les chapardeurs. .. Les parcelles destinées .. à la culture du chanvre, ou chènevières , sont fu- mées et bêchées avant les semailles de .. mai. Dès juillet, le chanvre fe- melle est cueilli, séché, battu, puis trempé dans l’eau pour rouissage, avant d’être broyé pour obtenir les précieuses fibres. . Le chanvre mâle, . ar- raché . . après la moisson du froment, fournit les grains de chènevis qui ser- viront à engraisser la volaille et à donner, après broyage, l’huile nécessai- re à l’éclairage et à l’apprêt des laines. Il . va . sans .. dire que la terre des jardins et chènevières l’emporte en qualité sur toutes les autres. A surfaces égales, la chènevière vaut plus que le pré, et le pré plus que la terre labourable. ...... La vigne . La . vigne, si fragile en Lorraine, réclame des soins constants, de février à la vendange. En morte saison, la terre qui glisse peu à peu au bas des cô- tes, . a été remontée à la hotte, et les trop nombreuses pierres déversées au pierrier. . Ces impressionnants tas de cailloux, témoins du travail assidu de dizaines de générations de paysans, émergent encore ça et là des ronces et du taillis qui les encerclent. En . mars et avril, ont lieu la taille et le provinage, qui consiste à recouvrir la souche pour obtenir de nouveaux ceps. .. Il faut aussi « . fouyr . » (bêcher), « . ficher . et lyer aux paisseaulx . », c’est à dire remettre en place les échalas et y fixer la vigne avec des liens de paille. Il faut, .. en mai, procéder au « . chaoutrage . » de .. la vigne en enlevant les pousses stériles. L’opération . est .. renouvelée en juin, tout en liant les sar- ments aux paisseaux. Il .. est nécessaire en juillet de « . refouyr . » (rebêcher) en surface, et en .. août d’enlever quelques feuilles autour des raisins tar- difs. ... Les jours précédant la vendange, . . des barrages d’epines ferment les che- mins des .. vignes qui sont surveillées aussi la nuit, . pour éviter les rapines. Au .. jour fixé par la justice locale (fin septembre début octobre), tous, jeu- nes et vieux, femmes et hommes partent vers les vignes. .. La vendange se fait dans la hâte, par . crainte du mauvais temps. Les femmes et les plus grands enfants cueillent les grappes. Les hommes portent sur le dos les tandelins, . ces hottes de bois plein servant à transporter le raisin jusqu’à la cuve qui attend sur un chariot. Puis, . la dîme prélevée, les raisins sont portés le plus tôt possible au pressoir banal. (Là où il y en a un, autre ment les raisins sont écrasés avec les pieds). A la première pression coule le . . « . vin de goutte . », recherché pour sa qua- lité. Les . marcs sont .. gardés précieusement, non pour en faire de l’alcool mais pour remplacer le fumier, alors . interdit dans les vignes. Les gros travaux terminés, les paisseaux .. sont enlevés et mis à l’abri des rigueurs hivernales, jusqu’au prochain cycle. .. Que valait le .. vin de Colombey, ou celui d’Autreville . ? Les crus de Bari- sey-la-Côte ou . d'Allamps .. n’avaient .. pas la notoriété de ceux de . Bulligny (surtoutle vin blanc, . puis le vin gris) .. mais, comme le dira encore en . 1983 Adrien Maitrehanche, . . l’un des derniers vignerons de Barisey s'adressant à Bernard Perrin . : « . notre vin, pour le boire, il suffit de l’aimer . ».
La Vieille charrue, par Jacques Callot, vers 1620 .

Ci-dessus : ..... après 1850, ..... la faux est ..... équipée du ..... râtelot
Ci-contre : le houement de la vigne . (1548)
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