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Jean Maillard
Maison à trois rains (remarquer le fumier et le chariot sur l'usoir ) 1955


Une rue de Vaudémont
Tuer le cochon (vers 1950) : Le porc déséquilibré est immobi- lisé au sol, saigné, échaudé pour faciliter l'enlévement des soies, puis fixé sur l'échelette où s'effectue le découpage.
............. ..... La maison - le vêtement - la table . ..... Construire sa maison . Dans .. le Toulois, c’est le village-rue qui domine, avec ses mai- sons jointives, . tout en profondeur entre l’usoir (espace libre de- vant la maison) .. en façade et le jardin derrière. L’habitation ru- rale comprend une ou plusieurs .. travées (espaces) ou "rains" , correspondant à une sorte de classification .. sociale . : deux ou trois rains pour les laboureurs, un seul pour les manouvriers. ... En façade, la maison à trois rains présente côte à côte . : la partie logement avec porte et . fenêtre - . la grange et sa porte en plein cintre, à double vantaux cloués de bois - l’ écurie-étable. Quand . il y a deux travées, . l’étable se trouve sur la partie arrière de la . maison, avec accès par la grange. La maison à un rain se limite à l’habitation proprement dite, le grenier étant desservi par une gerbière. ... La maison est construite par les . artisans locaux et la famille concernée avec, si nécessaire, l’aide d’autres . habitants pour creuser la cave, charrier .. les matériaux, ou poser la charpente. Les murs sont construits en moellon et pierre de taille, liés au mortier de chaux . et de grève (ou de sable). La chaux se fabri- que sur . . place en faisant cuire des pierres .. calcaires "le chauf- four". La . couverture est rarement faite de chaume, de lave (pierres plates) ou de bois, mais .. plutôt de tuiles courbes (creuses) ou plates. Les matériaux de construction sont, le plus . souvent, trouvés sur place ou dans les villages environnants. .. A Barisey- au-Plain, les moellons et la .. chaux proviennent de "La vieille pierrière"; la grève, de Saulxures . ; le bois (chêne) de charpente et de menuiserie, .. des communaux (maronage), et les tuiles de Colombey (jusqu'à la fin du XIX e . siècle). ... Après les destructions de .. la guerre de Trente ans, les villages sont reconstruits .. selon le type ancien, en agrandissant, semble- t-il, l’usoir des maisons en fonction de leur importance. Dans l’habitation, . la place réservée aux personnes est plutôt ré- duite . : . une . pièce prenant jour sur la rue, avec un lit . ; une cuisine sombre au milieu . ; éventuellement une autre chambre sur le derrière. ...... Du coffre à l’armoire . Au XVII e . siècle, l'ameublement .. intérieur des maisons est assez rudimentaire, sauf chez les plus riches. Le bois de lit en chêne avec "le . ciel . de dessus et linceux de courtine" (rideau de lit ou baldaquin), est l'exception. On dort plus généralement sur un châlit de sapin ou une "méchante couchette" avec paillasse, tra- versin et "couvertte" . Les . pauvres n’ont souvent ni "linceux" (drap), ni plumon (oreiller). .. La belle armoire, symbole de l’ai-sance, .. n’apparaîtra que dans la seconde moitié du XVII e . siècle. Il s’agit, vers 1600, de petites "aumoires" à un seul "ventillon" (porte). ... Le . meuble . le plus courant, . par ce que solide et facilement trans- portable, c’est le coffre de chêne, . ou de sapin " huge " pour les plus pauvres. L’habitude est .. courante de déposer des coffres dans un endroit sûr, comme le château ou l’église. Les coffres renferment des objets . . auxquels on attache du prix . : linge, vaisselle d’étain (ou alliage), .. . chandeliers, parfois aussi des denrées alimentaires (pois, fèves, lentilles, pruneaux). Dans . la cuisine, se trouve . la cheminée avec un "andier" (che- net) de fer, . un "cramaix" (crémaillère) et la pelle à feu. .. Un por- te-vaisselle (dressoir ou crédence) .. sur lequel sont rangés chau- drons, pots .. et vaisselle diverse. Pour s’assoire il y a les coffres et quelques tabourets à trois pieds et autre "scellotte" . ... Au XVII e siècle, . le .. repas n’est pris à table que là où ce meuble existe, . c’est à dire dans les foyers relativement aisés. La nourri- ture, . . puisée au chaudron d’airain suspendu à la crémaillère, est servie .. dans des écuelles, tandis que chacun boit à l’unique go- belet familial. Il y a pire, mais .. il y a mieux aussi . ! Alors que certains n’ont pour tout meuble .. de bois qu’un unique coffre (huge), d’autres villageois disposent d’un mobilier répondant à la diversité des besoins, avec vaisselle d’étain, chandeliers de cuivre et linge abondant. ...... Cottes et paletots . Il . en est du vêtement .. des villageois comme de leur mobilier. Les uns portent .. toujours les mêmes hardes, alors que d’autres les remplacent dimanche et fête par quelque habit tiré du coffre ou . . de l’aumoire. Seuls les gens aisés possèdent plusieurs cos- tumes. . Les . hommes portent chemise, grégues (haut-de-chausse, allant de la ceinture aux genoux), .. bas de chausse, pourpoint (couvrant du cou à la ceinture), manteau, chapeau. Plus .. tard (XIX e siècle) apparaîtront le pantalon de coutil, ou en velours .. côtelé, tenu par une large ceiture de flanelle . ; la blouse du .. dimanche . ; . la redingote et le chapeau haut de forme pour les cérémonies... ... Les femmes ont . le buste pris dans un corset lacé sur leur che- mise qui . s’épanouit en jupe courte, avec cotillon (jupon), robe de drap les jours fastes, bonnet, .. sans oublier l’indispensable devantier . (tablier) de la ménagère. . Les vêtements féminins sont à dominante noire, . grise .. et rouge. . Les jeunes filles, se marie- ront en robe .. noire, pratiquement jusqu’en 1914. C'est à cette époque . également que . les femmes cesseront de porter la hâlette (coiffe régionale). ... Draps ou cotte (cotillon), .. tout le linge est soigneusement entre- tenu pour durer le plus longtemps possible. Pour la .. lessive "faire buée" , .. on utilise des cendres et de l’eau chaude à la mai- son, puis la palette à la .. fontaine. Tout l’art consiste, pour la biée .. (buée), à faire couler à plusieurs reprises, sur le linge sale rassemblé dans un baquet, la même eau chaude au . travers d’une toile, recouverte de cendres. . . Dans un second temps, le linge est porté au ruisseau pour y être battu et rincé. En évoquant . . ces lavoirs, où les femmes devaient parfois y bri- ser la glace, Jean Boulangé .. (de Punerot) ajoute que "si l’eau était froide, les langues n’étaient pas gelées..." Malgré une première mention de . "savon à blanchir le linge" en 1603, les cendres (et la palotte ) seront utilisées pour la lessive jusqu'à 1914 et parfois plus. ..... « . manger la soupe ! . » . Au . . cours des trois repas de la journée (déjeuner le matin, dîner à midi et souper le soir) le paysan .. lorrain mange beaucoup de pain . . (entre une et deux livres par jour), de la viande (porc salé, volaille, bœuf, veau, mouton, grenouilles), du . fromage, .. des oeufs, .. des légumes (pois, lentilles, .. fèves, épinards, raves...) et des fruits, .. surtout des poires et des pommes. Le four que cer-tains . paysans ont droit d’avoir chez eux, .. sert à cuire des tartes, des quiches aux .. fruits, et à sécher pruneaux, raisins, abricots, cerises et poires. ... On . trouve à Toul (en 1592) des oranges, citrons, figues, olives . ; et . à la foire de Blénod (pour le château de Tumejus) des épices, du safran, du riz, des «harengs blancs et sorets» . Enfin on con- somme aussi des poissons de rivière, parfois de la morue . "stoc- quefiche" , en .. carême. [Le hareng des mers du Nord arrive par le Rhin et l’Alsace, . ainsi .. que sur des chars et charrettes venant des Pays-Bas.] ... Lors des . corvées . de charrue pour le chapitre cathédrale, les la- boureurs .. reçoivent . chaque jour pour nourriture . : une soupe (au lard, . sans doute, . avec . légumes ou céréales); . une livre de pain de froment . ; . un "quarteron" (122 grammes) de lard ou de fromage et une pinte de vin (1,5 litre). Ceux . . qui voiturent le bois des seigneurs de . Tumejus reçoivent, pour le dîner, une livre et de- mie de pain avec une chopine de vin (0,62 litre) s’ils condui- sent un chariot, et . seulement une demi-chopine quand il s’agit d’une simple charrette. ... D’une façon générale, . les nourritures à base de .. céréales, et principalement le pain, l’emportent sur toutes les autres. Le pain se mange indistinctement avec du lard, du .. fromage, des aulx, . un oignon, du sel, . rôti, trempé dans du vin ou dans la sou- pe. En Lorraine . centrale, le pain est surtout fait de froment. A Toul, on distingue le pain blanc, le "pain tout à tout" (farine et son), et "le pain de retraict" ou pain bis (brun). . On trouve aus- si des pains d’orge, ou "moitié bled et orge" à Vézelise. .. En pé- riode de disette, le blé et l’orge sont . parfois remplacés .. par l’avoine, ordinairement destinée .. aux chevaux. [Pierre Fourier (curé de Mattaincourt) .. évoque, dans une lettre écrite en 1631, le "pain d’avoine moisi" dont se nourrissent ses paroissiens.] ... Les viandes qui figurent le plus souvent aux repas des paysans sont le porc et la volaille. Tuer le porc (ou plus tard le cochon), c’est vivre un jour de liesse. . Le premier repas fait des bas-mor- ceaux, la .. préparation du boudin aux oignons sont la promesse, pour quelques temps, de la sécurité alimentaire. . On sale le porc mais aussi les autres viandes (bovins, ovins). . La .. "goutte du porc" (saindoux) est placée dans des pots, tandis .. que bandes de lard et jambons sont suspendus dans la cheminée. ... Bon . an mal an et d’une saison à l’autre, . l’alimentation est assez irrégulière, . surtout chez les pauvres. N’a-t-on pas tendance à se rattraper . lorsqu’une bonne récolte .. succède enfin à un période de vaches maigres . ? Les préceptes religieux ont eux aussi leur influence dans ce do- maine. La viande, les oeufs et . le fromage sont proscrits pen- dant le . . Carême, les Quare-Temps et les vigiles de fêtes. Il faut aussi respecter l’abstinence tous .. les vendredis et samedis, les trois jours des Rogations... ... Il .. en est de la boisson comme des nourritures solides . : en guise de . vin, les pauvres doivent parfois se contenter de "picote" ou "pique". Mais à . en juger, tant par la multiplicité des tavernes rurales, que .. par la fréquence des mesures prises par les autori- tés pour lutter contre .. l’ivresse, la consommation de boissons alcoolisées devait être importante . ! Après le vin, abondant dans la région, vient la bière, .. le "poi- ret" , . le cidre et les différentes picotes. . Le comté de . Vaudémont, notamment, produit de la bière à base d’orge, de blé et de hou- blon acheté à la .. foire de . Mirecourt. Un pot de bière (2,45 li- tres) . vaut, . en moyenne, . quatre . fois moins cher qu’un pot de vin. ... D’une façon générale, chacun s’alimente en . . fonction de ses propres moyens avec, .. pour les plus démunis, l’aide éventuelle de la communauté des habitants. . Au lieu de la table bien garnie des fortunés, avec viandes et vin, les malaisés se contentent le plus souvent . de soupe, . de pain et de fromage ordinaire. Or, . tout au long des XVII e et XVIII e siècles, . . et .. de façon plus mesurée au siècle . suivant, . la majorité .. des villageois évolue sans cesse entre ces deux groupes butoirs, sans pouvoir toujours se pré- munir contre les pénuries alimentaires, la disette, voire la fami- ne comme au cours de la guerre de Trente ans. ...
Paysans au travail (Vers 1900 ) La femme est coiffée de la Hâlette taditon nelle, pour se protéger du soleil.
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